J'm'en grille une petite
Le fils de Fernand Reynaud se demandait dans un de ses sketches « pourquoi qu’les vaches elles ont des cornes et pourquoi qu’les ch’vaux y z’en ont pas ? »
Moi je me demande « pourquoi qu’les peintres vendent leurs toiles un prix mérité et les kratrisses en broderie se vendent pour peau de balle ? » (Je parle des vraies, pas de celles qui font des gribouillis, et je parle également de celle qui font des grilles lisibles avec un emballage économique)
Autre question : pourquoi suis-je mieux payée qu’une kratrisse de base alors que je ne produis rien (mais je touche quand même toutes mes heures de travail), alors que la kratrisse ne facture pas toutes ses heures dans le prix de son diagramme ?
J’ai d’autres questions du même style : pourquoi voudrait-on payer de la soie au prix de la rayonne ou du lin au prix de la polyamide ?
Mystère et boules de pétanque…
Ah si ! J’oubliais… Pourquoi qu’des adultes ne peuvent réfréner leur envie de vouloir tout tout de suite et son infoutus d’attendre ou de se priver pour cause d’économies et en font le reproche aux temps tâteurs, alors que ce stade est sensé être révolu passé l’âge de 3 ans ?
Miss Taire et boules de naphtaline ! :o))
D’ailleurs à propos de naphtaline, n’oublions jamais en tant que camées jusqu’à l’os (je rappelle que la broderie est moins onéreuse et beaucoup plus licite que certaines drogues dures) cette « leçon de morale" de Marie Dubas dans son Tango Stupéfiant :
Après trois semaines entières
De bonheur que rien n'altérait
Mon amant dont j'étais si fière
Un triste matin me plaquait
Pour calmer mon âme chagrine
Je résolus en un sursaut
De me piquer à la morphine
Ou de priser de la coco
Mais ça coûte cher tous ces machins
Alors pour fuir mon noir destin
{Refrain:}
J'ai fumé de l'eucalyptus
Et je m'en vais à la dérive
Fumant comme une locomotive
Avec aux lèvres un rictus
J'ai fumé de l'eucalyptus
Dès lors mon âme torturée
Ne connut plus que d'affreux jours
La rue du désir fut barrée
Par les gravats de notre amour
J'aurais pu d'une main câline
Couper le traître en petits morceaux
Le recoller à la sécotine
Pour le redécouper aussitôt
Mais je l'aimais tant l'animal
Alors pour pas lui faire de mal
{Refrain:}
J'ai prisé d'la naphtaline
Les cheveux hagards, l'œil hérissé
Je me suis mise à me fourrer
Des boules entières dans les narines
J'ai prisé d'la naphtaline
Qu'ai-je fait là, Jésus Marie
C'est stupéfiant comme résultat
Au lieu de m'alléger la vie
Je me suis alourdie l'estomac
J'ai dû prendre du charbon Belloc
Ça m'a fait la langue toute noire
Que faire alors pauvre loque,
Essayer d'un autre exutoire ?
Car le pire c'est que j'ai pris le pli
Et c'est tant pis quand le pli est pris
{Refrain:}
Je me pique à l'eau de Javel
Pour oublier celui que j'aime
Je prends ma seringue
Et j'en bois même
Alors il me pousse des ailes
Je me pique à l'eau de Javel
Gnak gnak gnak gnak
J'ai du chagrin...